Le soutien psychosocial Ebola : témoignages.

Le soutien psychosocial Ebola : témoignages.

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Touchant massivement la population en Guinée et en particulier dans la préfecture de Macenta, Ebola était une maladie inconnue en Afrique de l’Ouest jusqu’à présent. Son impact psychosocial est encore aujourd’hui d’une ampleur exceptionnelle.

Les travailleurs sociaux des Centres de Traitement Ebola (CTE) ont joué un rôle majeur dans l’accompagnement émotionnel des malades, de leurs proches, mais aussi du personnel de la Croix-Rouge française. Jean-Claude et Noël, travaillent depuis plusieurs mois au CTE de Macenta. Leur motivation pour s’investir dans le contexte Ebola reste intacte.

« Au début de l’épidémie, j’étais effrayé par son ampleur et par les risques, explique Jean-Claude, mais pour comprendre la réalité, il n’y avait qu’une seule solution : s’engager et prendre part à la lutte. » C’est cette motivation qui les guide. Noël explique que « toutes les activités sont importantes : le travail dans les communautés, l’accompagnement des patients… Mais si je devais choisir une seule activité, ce serait l’accompagnement de mes collègues. Nous les aidons dans leur gestion émotionnelle, nous les formons à la gestion du stress et du deuil, ainsi qu’à l’accompagnement des patients en fin de vie. Mais ils sont éprouvés par les réalités de l’épidémie, et nous recueillons leur parole pour les aider dans leur travail. »

(de gauche à droite) Jean-Claude et Noël, travailleurs sociaux au CTE de Macenta.
(de gauche à droite) Jean-Claude et Noël, travailleurs sociaux au CTE de Macenta.

Cet accompagnement a également un impact sur leur propre vie émotionnelle. Jean-Claude se rappelle de son premier jour au CTE : « c’est mon pire souvenir. J’ai vu beaucoup de gens arriver au CTE, des gens qui souffraient et qui allaient mourir. Je sentais mon anxiété et ma peur augmenter. » Noël, lui, se souvient de la première annonce de décès qu’il a dû faire : « c’était le 28 décembre dernier, en fin de journée. Yari Guilavogui venait de décéder et j’ai du accompagner Maryame et Aminata, ses nièces. »

Quelques jours plus tard, Maryame et Aminata, tombaient malade à leur tour.

Heureusement, leur mission n’est pas faite que d’épreuves. Jean-Claude se souvient ainsi de la guérison de Maryame.

« Quand j’ai vu la petite de 4 ans, Maryame, accompagnée de sa grande sœur, Aminata, arriver au triage, je n’avais aucun espoir, je m’attendais à ce qu’elle meure. A l’époque, tous les enfants mouraient d’Ebola. Quand elle est sortie guérie le 1er janvier, j’ai repris espoir. J’ai aussi eu de l’espoir pour ma propre fille, Jeannette, qui a 7 ans. Je me suis dit que les enfants pouvaient être épargnés.«